Partie 1, chapitre A.2

Publié le par tpe-guignols-de-l-info.over-blog.fr

2. Le développement de la satire politique.

 

« Une satire est une œuvre dont l'objectif est une critique moqueuse de son sujet » Larousse

 

La presse satirique française est le résultat de la rencontre de deux courants, « l’esprit français » de Rabelais, Chamfort, Voltaire ou Diderot conjugué avec la fougue populaire des sans-culottes. Cette tradition s’épanouit en journalisme grâce à la Révolution française et aux révolutions de 1830 et 1848. Après quelques années d'accalmie, dues à la censure napoléonienne et à la surveillance de la presse sous la Restauration, la presse satirique est relancée à partir de 1830, notamment par Philippon et sa célèbre poire représentant Louis-Philippe, qui fonde La Caricature (1830-1835) puis Le Charivari (1832-1893) ; elle se poursuit avec L’Eclipse (1868-1919), Le Grelot (1871-1907) ou Le Triboulet journal royaliste financé par la duchesse d’Uzès (1878-1893).

 

La nouveauté du XIXe siècle, est bien évidemment le recours de plus en plus fréquent à la caricature. En effet, dès les années 1830, la technique permet l’impression rapide et à bon marché de gravures sur bois, ce qui favorise la publication de dessins à charge. Des artistes majeurs ont développé cette caricature tel Honoré Daumier et des illustrateurs demeurés célèbres : Caran d’Ache, Cham, Forain, André Gill, Hermann-Paul, Ibels, Robida, Steinlein, Willette et bien d’autres. L'affaire Dreyfus est un des nombreux exemples de ce développement de la caricature avec un déchainement important de la presse pour caricaturer les différentes positions de cette affaire. Durant la troisième République on attribuait régulièrement à la presse le pouvoir de faire et de défaire certains gouvernements. Même si les mœurs ont changé, le développement de la satire ne s'est pas arrêté.

 

On retrouve après la Grande Guerre de nombreux journaux satirique, avec Le Canard enchaîné fondé en 1915 (et refondé en 1916) par Maurice Maréchal et le dessinateur H-P Gassier, puis avec Le Merle blanc (1919-1940) ; une nouvelle génération de caricaturistes s’y illustre avec Effel, Dubout ou Sennep. Dans les années 1930, la satire est plus marquée idéologiquement, à gauche dans Marianne (1932-1937), à droite avec Candide (1924-1940) et à l’extrême-droite avec Je suis partout (1930-1944) et Gringoire (1928-1944).

 

La télévision devient rapidement le moyen le plus prisé pour la satire politique. Dès 1955, en effet, apparaît à la télévision l'émission satirique « La boite à sel » où l'actualité est racontée de façon très personnelle (choix des producteurs). L'émission prend son origine dans le café-théâtre et prend ,dès le début, la forme d'un journal télévisé satirique. Malheureusement elle succombera à un sévère contrôle de l'antenne en 1960. Bien que le traitement des sujets satiriques à la télévision française reste timide et relativement rare, le nombre d'imitations de personnages politique ne cesse d'augmenter (Thierry Le Luron au cours des années 70 ainsi que Jacques Martin en 1975 et Nicolas Canteloup de nos jours).

 

Les rendez-vous de satire politique se régularisent donc et s'inscrivent petit à petit dans les mémoires françaises comme une habitude. Le sociologue Patrick Champagne montre d'ailleurs que plus les français regardent les hommes politiques à la télévision, plus ils s'habituent à en voir un traitement satirique par la télévision. La dérision politique télévisuelle entre donc dans les mœurs.

 

Les Guignols de l’info ont, quant à eux, réussi à marier le verbe et l’image dans une configuration inédite à la télévision. Les Guignols sont en passe de ringardiser la caricature avec leurs marionnettes plus vraies que nature et leurs phrases à l’emporte-pièce qui valent de nombreux éditoriaux.

 

Caricature de Napoléon III 

 

 

 

 

 

 

 

 

Caricature de Napoléon III publié le 1er

mars 1871 lors de la déchéance de Napoléon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une du canard enchainé

 

 

 

 

 

 

 

 

Une une du Canard enchaîné journal satirique

français avec des dessins de caricature.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marionnettes politiques 

 

 

 

 

 

 

 

 

Marionnettes de Nicolas Sarkozy, François Bayrou, Ségolène Royal et Olivier Besancenot caricatures pour les Guignols de l'info.

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