Partie 2, Chapitre A
II. Les Guignols objets caricaturaux, reflet de la société.
A) Contexte socio-politique.
1) Qui/Quand?
L'émission Les Arènes de l'Info devenue les Guignols de l'Info a été créée en 1988 par Alain de Greef, alors directeur des programmes de Canal plus. Environ 300 personnes sont employées pour cette émission, dont des imitateurs (tels que Y. Lecoq, N. Canteloup, J-L. Reichmann) et des marionnettistes qui sont au nombre de 30 pour un peu plus de 300 marionnettes (15 marionnettistes sont présents chaque soir).
L'émission apparaît pour pallier à l'arrêt du Journal Télévisé des Nuls. L'émission voit d'abord le jour sous le nom des Arènes de l'info. François Mitterrand est au pouvoir quand les Guignols apparaissent et c'est pour profiter de cette relative augmentation de la liberté d'expression, que les Guignols sont créés. Ils sont également l'écho de tous les scandales politico-financier qui se multiplient sous François Mitterrand et qui continuent de faire le fer de lance des Guignols aujourd'hui avec le même nombre de scandales.
2) Comment ?
Ce journal télévisé, d'environ dix minutes, est présenté par la marionnette de Patrick Poivre d'Arvor (ancien présentateur du journal de TF1) qui interviewe de nombreuses marionnettes de célébrités. Les voix sont copiées par des imitateurs plus ou moins connus. Chaque émission commence et se termine par une phrase culte de la caricature (telle que «Vous croyez toujours ce qu'on vous dit à la télévision, bonsoir » ou encore « Maintenant vous pouvez éteindre la télévision et reprendre une activité normale. Allez à ciao, bon dimanche. »). Tous les dimanches est diffusée une compilation des meilleurs moments de la semaine.
La chaîne, habituellement codée, diffuse cette émission en clair pour élargir la portée médiatique des Guignols à la télévision et la rendre accessible à un grand nombre de personnes, ce qui est le but principal.
3) Les objectifs.
Canal plus, en lançant cette émission, avait pour objectif premier d'avoir un journal télévisé, le soir, tout en distrayant ses téléspectateurs. Par la suite, la chaîne a fait passer des messages, tout particulièrement sur la politique (comme le prouve l'annonce des résultats présidentiels, avant l'heure prévue a cet effet, en 1995 et 2002). Les Guignols de l'Info sont toujours à la limite de la légalité, de la vulgarité et de la diffamation (limite qui est franchie de temps à autres...), ce qui prouve leur envie de dévoilé certaines vérités, en accord avec leurs opinions.
Pour qui s’intéresse aux liens entre humour et politique, la France offre incontestablement un riche champ d’observation. Chansonniers, journaux satiriques, dessinateurs et autres humoristes : la liste est longue des occasions qui ont fait les délices de la « républicature », pour reprendre la formule de Bertrand Tillier. À l’évidence, des émissions comme les Guignols de l’Info ou, auparavant, le Bébête Show, appartiennent à une vieille tradition de moquerie à l’encontre des institutions et des gouvernants. Même si des émissions de ce type existent aussi dans d’autres pays, à l’instar de la féroce Spitting Image (« portrait craché ») en Angleterre, qui a d’ailleurs elle-même influencé les concepteurs des Guignols, il n’est pas certain qu’elles prennent partout la même place.
Mais un des principaux objectifs de canal plus est également de faire durer cette émission le plus longtemps possible. En effet (voir annexe n°1) Alain Greef est dit « obsédé par la durée ».